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Mouvement transgenre et misogynie

Je suis féministe et je ne soutiens pas le mouvement transgenre. Plus précisément : je suis féministe donc je ne soutiens pas le mouvement transgenre. Que m'est-il arrivé ? Quel démon s'est emparé de moi ? Où est passée la médaille d'ultra progressiste que j'arborai fièrement il y a encore quelques minutes en tant que féministe, anti-capitaliste, vegan et j'en passe ? Un homme en jupe me l'a arraché en me comparant à Hitler.


Il y a quelques temps, surfant sur internet à mes heures perdues, je cliquais sur un article proposant des livres "pro LGBT" pour enfants. J'espérais y trouver un beau livre racontant l'histoire de deux princes amoureux qui tentent de construire un château magique pour se protéger du méchant dragon homophobe. C'était sans compter sur le T goulûment accroché au LGB. A la place on me recommanda d'offrir à mes enfants (que je n'ai pas, hallelujah) un livre intitulé : "Jack (not Jackie)".


La couverture est illustrée par une petite fille souriante qui rejette divers vêtements : un tutu rose, un top rose avec un nœud papillon rose et des chaussons de danse roses. Le nom que la petite fille souhaite adopter est Jack, écrit en bleu, elle rejette son nom de naissance Jackie écrit en rose. L'intérieur du livre n'est pas différent.


C'est l'anniversaire de Jackie. Son gâteau est rose, son chapeau de fête est rose, son emballage de cadeau est rose et la déco de table est rose. Lorsque Jackie ouvre son cadeau et y découvre une robe rose c'est l'overdose, elle jette la robe et se met à pleurer. Je partage sa souffrance.

Sa mère se montre compréhensive et rassurante : "c'est pas grave, elle peut porter ce qui lui convient". Jackie décide ensuite de porter les vêtements de son père. Message plutôt positif en apparence : malgré le matraquage sexiste de tes parents tu peux rejeter la féminité et porter des vêtements confortables ! Notons que maman et la frangine ont de long cheveux blonds mais que papa et Jackie ont les cheveux courts et marrons. Barbie et Ken n'ont qu'à bien se tenir !

Plus tard, Jackie joue avec sa sœur Susu qui porte une robe rose et un nœud papillon rose dans une chambre rose, avec des chaises roses et un tapis rose. On y trouve un jeu de dînette, une licorne, un lapin rose et des posters très intelligents sur les murs qui disent "souris, étincelle, brille". Susu veut jouer à être une fée mais Jackie n'est pas intéressée. Elle refuse de porter un nœud dans les cheveux. En plus, elle porte un T-shirt bleu, c'est pour les garçons qu'on vous dit ! Susu propose alors de jouer à être exploratrices à la place. Jackie est bien sur enchantée et décide de porter une cape, comme un super héro, elle se surnomme SuperInsecte.

Enfin, lorsque Jackie décide de porter une cravate, sa sœur essaye de la lui arracher en s'exclamant : "mais les cravates c'est pour les garçons !" La pauvre ne connait pas Avril Lavigne. Sa mère lui rappelle que l'on "porte ce qui nous convient" ce qui lui vaut des protestations : "mais c'est mal !" "Pas mal, Susu, juste différent", répond maman. Étrangement, cette dernière ne prend pas la peine d'expliquer qu'une fille peut porter les vêtements qu'elle souhaite et que les vêtements ne devraient pas être genrés. A la place, elle suggère elle même que Jackie est "différente", ce qui est faux. Bon nombre de fillettes aiment des choses habituellement attribuées aux garçons. Maman devrait surtout se poser des questions sur le comportement obsessif de son aînée en ce qui concerne la féminité.


Le livre se conclu par un moment décisif et révolutionnaire : une coupe de cheveux. Susu est à nouveau paniquée et supplie sa mère de ne pas couper les cheveux de sa sœur si court tandis que Jackie l'y encourage.

"Maintenant Jackie ressemble à un garçon !" hurle-t-elle. Susu n'a apparemment jamais vu de femme portant des cheveux courts et je commence à suspecter que ses parents la séquestre dans sa chambre rose bonbon. Jackie s'exclame, "je suis un garçon !" Maman reste silencieuse puis répond : "Eh bien, Jackie essaye de nous le dire depuis longtemps".

Le livre se termine par l'acceptation de Susu que sa sœur est maintenant son frère. Elle est passée du rose au bleu, comme l'indique le drapeau transgenre crée par un homme en 1999. Le bleu représente les garçons, le rose représente les filles et le blanc représente ceux qui passent de l'un à l'autre de ces stéréotypes. D'aucuns diront : ils annoncent la couleur.

Si ce livre avait été un temps soit peu féministe, maman aurait répondu : "la longueur des cheveux n'indique pas le sexe, un garçon peut préférer les cheveux longs, une fille peut préférer les cheveux courts". Mais la conclusion de ce livre est que les comportements non conformes de Jackie tout au long de l'histoire sont des signes qu'elle n'est pas une vraie fille. Imaginons maintenant qu'une enfant tombe sur ce livre. Elle aime jouer avec des petites voitures, courir dans les bois et observer la vie des insectes. Parfois elle préférerait être un garçon pour être libre de crier et de porter des vêtements confortables. Elle ouvre les pages de ce livre et apprend qu'elle n'est pas normale, qu'une vraie fille n'aime pas ce genre de choses, que ce sont des désirs de garçons et qu'elle en est probablement un.


Alors depuis plusieurs années, je me pose la question : comment est-ce qu'un mouvement social aussi réactionnaire, sexiste et basé sur une idéologie aussi abjecte a-t-il pu prétendre un instant s'accaparer l'attention et le soutient de personnes luttant réellement pour le progrès social ? Et comme moi de nombreuses féministes sont étonnées de voir avec quelle facilité une petite bande de néo-libéraux nord américains est parvenue à faire reculer des décennies de lutte contre les stéréotypes sexistes et à prétendre, dans un revirement incroyable, que les hommes sont maintenant les femmes les plus oppressées de la planète.

Le refrain est toujours le même lorsque l'on interroge les origines de cette "transidentité" : une non conformité aux stéréotypes. C'est ainsi que, dans le documentaire de Louis Theroux en faveur de la transition des enfants, un couple amène son petit garçon chez une "thérapeute du genre" afin d'obtenir des réponses. Le père explique que tout a commencé lorsque le petit Sebastian a eu le malheur de demander un "costume de fille" pour Halloween. Durant les semaines qui ont suivi, Sebastian s'est transformé en cliché de petite fille, ne jurant que par le rose et les poupées. Interrogée par le journaliste, la "thérapeute du genre" explique qu'il est possible que Sebastian soit transgenre puisque "c'est un enfant qui persiste à ne pas être conforme à son genre depuis qu'il a 18 mois".


Dans un article nommé "Jordy, née dans le mauvais corps est devenue Victoire" publié par le journal La Voix du Nord, Jordy nous explique ce qui fait de lui une fille : "De 10 à 14 ans, j’ai fait de la danse moderne, j’étais le seul garçon. En cinquième, j’ai eu mon premier sac à main. Je n’ai pas compris tout de suite ce qui se passait." Sac à main et danse, voilà une "enfance au féminin" nous informe le journal. Sa mère ajoute : "quand j’allais faire des courses, il me réclamait des jupettes, des chemisiers. À Noël, il laissait de côté les camions, les tracteurs que la famille lui offrait, il ne voulait que des poupons."


Fin 2019, le Huffington Post intitulait l'un de ses articles "J'ai su dès l'age de 3 ans que j'avais un cerveau de garçon dans un corps de fille". La journaliste interrogeait une adolescente de 14 ans préférant se faire appeler "Joe" qui se fait actuellement injecter des bloqueurs de puberté pour ne pas devenir une femme. Joe a donc un cerveau de garçon, nous annonce-t-on sans hésitation. Qu'est-ce qu'un cerveau de garçon ? L'article nous l'explique : "Il voulait porter des pantalons plutôt que des robes; il aimait la couleur bleu, pas rose; il préférait les pyjamas Ben 10 plutôt que ceux avec des fleurs." Je me demande quel stade du développement in utero empêche les garçon d'aimer les fleurs. Joe nous raconte aussi ce moment décisif lorsque, à l'age de 5 ans, elle s'est coupée les cheveux avec une paire de ciseau et qu'après s’être vue dans le miroir avec des cheveux courts elle a déclaré : "je suis clairement un garçon".

Se basant sur les même stéréotypes que Joe, "Aleksei" nous explique elle aussi dans un article du Nouvel Obs comment elle a découvert qu'elle était en fait un garçon : "À trois ans, je me comportais déjà comme un "garçon manqué". Je refusais catégoriquement de porter des robes ou de mettre des tenues roses. Mes meilleurs amis étaient des garçons et leurs loisirs étaient les mêmes que les miens. Jouer à la voiture, grimper aux arbres faisaient partie de mes passe-temps préférés. Et quand il fallait se mettre en maillot de bain, j’optais pour le slip comme mes copains." Pourtant elle ajoute ensuite : "Évidemment, ce n’est pas parce qu’un enfant a de tels goûts qu’il est transgenre." Alors pourquoi le mentionner ? Pourquoi est-ce que les centres d'intérêts des enfants sont sans cesse mis sur la table ?


Je ressens beaucoup d'empathie envers les femmes qui souhaitent être perçues comme des hommes. J'en comprends les motivations et je les ai partagé autrefois. Il est parfaitement logique qu'une personne faisant partie d'une classe exploitée et constamment rabaissée se rêve en membre de la classe dominante. Qu'une adolescente soit dégoûtée par le fait d’être constamment sexualisée. Qu'une fille refuse le destin d'épouse, mère et servante qu'elle observe tout autour d'elle. J'encourage fortement le rejet de la féminité qui n'est qu'une construction sociale servant à contrôler les femmes. C'est pourquoi j'ai très peu d'empathie envers les hommes qui veulent se faire passer pour des femmes.

N'oublions pas que ces hommes sont des membres de la classe dominante éduqués à la misogynie et dont la vision des femmes est réduite à une caricature misogyne. Pendant que les féministes s'évertuent à combattre une féminité imposée, ces hommes la célèbrent et la cultivent de manière particulièrement insultante.


Sur le site WikiTrans j'ai pu lire de nombreux témoignages de personnes "trans" et l'un d'entre eux m'a particulièrement énervé :

Pour les femmes je ressentais quelque chose que pendant un temps j’ai pris pour de l’attirance mais qui s’est révélé être une obsession où l’autre ne représente plus un intérêt en tant que personne mais en tant que concept : la Femme. Ça m’obsédait. J’enviais leur esthétisme, je jalousais les droits qu’elles avaient et qui m’étaient interdit : le droit de porter des couleurs, des bijoux, le droit d’être féminine, émotionnelles, expressives, le droit de parler de sujets féminins, le droit de pouvoir être dans un groupe de filles sans se sentir l’intrus. Je reluquait autour négligemment cette gente réelle. Je regardais furtivement cette fille dans le métro dont le physique me faisait rêver, et puis lorsqu’elle s’en allait, il ne restait en moi que de la colère : “Pourquoi elle y a droit et pas moi ? Qu’ai-je fait pour mériter cette cruelle injustice ?”.
C’est à cette période que j’ai commencé à aller sur reddit pour m’informer sur la transidentité et dialoguer avec des gens qui avaient traversé ce que je vivais. J’y passais plusieurs heures, quotidiennement, obsessionnellement.

Cet homme exprime de la colère envers les femmes parce que ces dernières sont contraintes dès leur plus jeune age à se soumettre à des pratiques féminines grotesques et il le perçoit comme un "droit des femmes". Le droit de ne pas être embauchée si tu ne portes pas de maquillage lors d'un entretien. Le droit de commencer à faire des régimes à 6 ans. Le droit d’être émotionnelle à condition de ne pas exprimer autre chose que de la faiblesse. Il réduit les femmes à un "concept", nous ne sommes pas des individus mais "La Femme". Il perçoit ses privilèges masculins comme une injustice, pour lui subir la misogynie est un privilège.

Le site WikiHow, quant à lui, a construit une liste très fournie des étapes à franchir pour faire la transition d'homme à femme ; l'une de ces étapes consiste à prendre rendez-vous avec un orthophoniste car ce dernier "pourra également vous aider à intégrer des phrases et des termes plus féminins à votre vocabulaire, tel que « pauvre petit », « mon cœur » ou « cher, chère»."


Je ne vais pas jeter la pierre entièrement sur les hommes qui se prétendent femme car, après tout, le système est ainsi fait que si l'un d'entre eux se présente à un rendez-vous sans maquillage son psychiatre se mettra à douter de son désir de transition. Autrement dit, pour avoir accès aux opérations chirurgicales ou pour changer leur état civil, les hommes qui se prétendent femmes doivent souvent adhérer complètement et en permanence aux stéréotypes sexistes, même ceux qui ne le souhaitent pas. "Vous devez vous habiller, aller au travail, participer à des réunions de famille, faire de l'exercice physique et faire les courses comme une femme" car toutes les femmes font tout de la même manière bien entendu et "après avoir fait l'expérience de toutes ces situations sociales, votre thérapeute déterminera si la chirurgie de réattribution sexuelle est une bonne solution pour vous. Pendant la durée de la transition sociale, continuez à prendre les hormones, épilez votre corps et votre visage et pratiquez votre voix féminine."

Toujours sur le site WikiHow un second article enseigne aux "femmes trans" comment "passer" en tant que femme. La version américaine et la version française sont différentes mais toutes deux sont réminiscentes d'un guide de bonne conduite pour femme au foyer des années 50 : il faut sourire, être gracieuse et se mettre de la crème sur les mains.


En janvier 2020, un "célèbre" youtubeur surnommé Nikkie a publié une vidéo intitulée "I'm coming out." Le but de la chaîne YouTube de Nikkie est d'expliquer aux femmes comment se maquiller (au point d'en devenir méconnaissables) en faisant de la publicité pour certaines marques de "produits de beauté". La plupart des gens semblait penser que Nikkie était une femme mais, supposément à la suite d'un chantage, ce dernier a décidé de publier une vidéo révélant qu'il est en réalité un homme (mes mots, pas les siens, bien entendu). Il l'explique ainsi : "Depuis ma naissance j'ai toujours pensé être une fille. Et je ne comprenais pas pourquoi j'avais les cheveux courts, pourquoi je devais porter des pantalons et des T-shirts. Pourquoi ne pouvais-je pas porter des robes ? Et je jouais avec des poupées ! Je jouais avec du vernis à ongle, des brosses à cheveux, des faux cheveux, des poupées Barbie ! Tout en moi était girly." Voilà l'idée que se font les hommes de ce qu’être une fille signifie. Grace à cette vidéo pas du tout misogyne Nikkie fut invité à la télévision et applaudi de toutes parts. Autrement dit, un homme qui se fait payer pour dire aux femmes de se maquiller annonce qu’être une fille c'est aimer les Barbies et est perçu comme un Che Guevara des temps modernes.


Et que dire de cette maman américaine, chrétienne et conservatrice, dont l'un des fils âgé de seulement un an a eu le malheur de préférer les jouets et vêtements roses. Elle l'aura bien forcé à porter des tenus aux motifs de l'armée ou de super-héros, à avoir des coupes de cheveux ultra courtes et moches, elle lui aura bien mis des fessée, entre deux prières à dieu pour que son fils ne soit pas gay et qu'il change, ce fut sans succès. Plus sa mère lui hurlait dessus, plus le petit Kai se rebellait et lorsqu'il atteignit l'age de 3 ans mère et fils se criaient à la figure "tu es un garçon !", "non, je suis une fille !". Avec le temps elle finit par penser, elle aussi, que son fils était une fille et heureusement l'histoire se finit bien : elle n'a pas un fils homosexuel efféminé mais une fille hétéro. Dieu merci.

N'importe quelle personne ayant déjà travaillé en crèche vous dira qu'il est fréquent de voir les enfants jouer avec des jouets généralement attribués au sexe opposé. Mais les enfants apprennent très tôt à satisfaire leurs parents : un petit garçon remarque bien que son papa, tout ouvert d'esprit qu'il soit, arbore un sourire crispé lorsqu'il se saisit d'une poupée mais devient euphorique quand il s'intéresse au football. Des études ont même montré que les garçons ayant des goûts en apparence stéréotypés se mettent à jouer avec des jouets féminins dès lors qu'ils se croient non supervisés. La même observation fut faite avec des petites filles. Nikkie, le maquilleur/youtubeur, n'a rien d'unique si ce n'est qu'il a intégré les stéréotypes sexistes au point de penser qu'aimer le vernis à ongle fait partie intégrante de la vie d'une femme. Et comme lui, bon nombre d'hommes semble penser que les femmes ne sont pas des êtres humains mais un ramassis de clichés sexistes ambulant.


Sur les forums pour personnes transgenres de Reddit, Doctissimo ou Facebook ainsi que sur Twitter #girlslikeus, on peut quotidiennement observer des hommes discuter de l'euphorie qu'ils ressentent en portant "des culottes de filles", des collants, des talons ou du vernis. Certains expliquent avoir découvert qu'ils étaient transgenres après avoir essayé de s'épiler les jambes. Ils détaillent les changements magiques que leurs injections d'hormones provoquent : ils sont plus sensibles, "pleurent pour rien", veulent des câlins, sont maladroits et incapables "comme des blondes". Ils passent "d'homme Alpha à femme soumise". Leurs pénis se mettent aussi à "sentir la chatte" c'est à dire à "sentir le poisson" et les règles douloureuses qu'ils subissent, malgré le fait qu'ils n'ont aucun utérus ni cycle hormonale, sont particulièrement insoutenables et leurs donnent envie de manger du chocolat. Ils ont quelques regrets car en devenant femmes ils ne pourront plus faire du camping ou du bricolage. Je ne fais que citer et croyez moi ça m'en coûte.


Et que dire de cette vidéo infantilisante produite par la chaîne BBC qui nous enseigne "les bienfaits d'épouser une femme trans" lesbienne (autrement dit, un homme hétérosexuel) ? Sur fond rose j'apprends donc que si j'épouse un homme qui se prétend femme il pourra me poser du vernis à ongle, faire du shopping avec moi et que j'aurai le double de maquillage (c'est à dire zéro, dans mon cas). Mais qu'est-ce que j'attends ?!

En 2015, Caitlyn (Bruce) Jenner, vedette américaine transgenre richissime et ancien champion olympique ayant reçu le prix du Courage ainsi que celui de Femme de l'Année en vertu de son pénis, déclara que "la chose la plus difficile dans le fait d’être une femme est de choisir sa garde-robe". Ou comment s'approprier une classe sociale tout en lui crachant à la figure. La "transition" des hommes qui se prétendent femmes est entièrement superficielle et basée sur d'abjectes stéréotypes chaque jour renforcés par un militantisme qui mérite d’être interrogé sur la forme autant que sur le fond.


Mais obtenir une définition de ce qu’être transgenre signifie est déjà difficile en soit. Sur le site Amnesty International qui prétend lutter contre la transphobie (et qui, accessoirement, soutient le proxénétisme) nous pouvons lire ceci :

Une personne transgenre est une personne dont l’expression de genre et/ou l’identité de genre s’écarte des attentes traditionnelles reposant sur le sexe assigné à la naissance.

Selon cette définition, je suis transgenre. Je fais donc mon coming out, ici et maintenant. Mais qu'est-ce qu'une identité de genre ? C'est une

expérience intime et personnelle de son genre profondément vécue par chaque personne.

Plus vague, tu meurs. La raison pour laquelle les militants de la cause peinent à définir "l'identité de genre" est que derrière ces définitions nébuleuses parlant de "sentiment profond", "d’identité psychique individuelle" et autre "expérience intime", il s'agit ni plus ni moins des stéréotypes sexistes habituels. C'est le "genre" tel que les féministes le décrivent depuis toujours : une construction sociale qui vise à enfermer les hommes et les femmes dans des rôles bien définis qui permettent à l'un de dominer l'autre. Mais alors que les féministes tentent de détruire cette hiérarchie depuis longtemps, les militants transgenres ont décidé de prétendre qu'elle est légitime, innée et une forme d'expression personnelle.

Ce faisant, ils valident les stéréotypes sexistes en prétendant que si une femme n'est pas entièrement féminine alors elle n'est pas vraiment une femme; elle est trans, non-binaire, elle appartient à un genre autre que celui de femme. Cette mentalité postule que toutes les femmes sont, au fond, identiques et que les nuances qui nous composent sont les manifestations d'une transgression de notre vocation féminine, nous faisant glisser sur le "spectre" qu'est devenu le sexe biologique. C'est donc une idéologie qui dépend de l'existence des discriminations misogynes. C'est pourquoi ses militants ne souhaitent pas détruire le genre mais le "célébrer", le promouvoir, l'encourager et même inventer d'autres "genres". C'est une conséquence normale de la confrontation entre féminisme et transsexualité.


Et c'est cette croyance que les femmes sont oppressées sur la base d'un genre, d'un cerveau féminin, d'un ressenti interne, d'une essence féminine et non de notre sexe, ainsi que la promotion et normalisation de stéréotypes sexistes que l'on croyait derrière nous, qui rendent le mouvement transgenre intrinsèquement anti-féministe et réactionnaire.



-Modesta