Vive le pseudo féminisme libéral !



Aujourd'hui, je fais mon coming out libéral. La lumière du savoir s'est enfin abattue sur mon âme : le féminisme doit lutter pour que les femmes puissent avoir le choix de faire ce que les hommes veulent qu'elles fassent.


Ne pensez jamais "lutte de classe" mais "choix personnel". Nos choix sont toujours libres de toute influence car nous ne sommes plus des bébés ; nous sommes des adultes autonomes. Tout ce que nous choisissons est donc empowering ; ça donne du pouvoir aux femmes, c'est empouvoirant, le franglais c'est cool. La libération sexuelle se passe à genoux, avec un collier en cuir autour du cou et un œil au beurre noire. Hmmmm sexy ! Et si une femme remet en cause ces choix émancipateurs, n'hésitez pas à lui rappeler que "juger c'est méchant" et "critiquer c'est pas bienveillant". Et puis, l'important c'est de se sentir individuellement puissante, pas de l’être réellement. Tout comme il est important de se sentir belle, peu importe son physique, plutôt que de récuser l'idée même que les femmes doivent être belles. Car toutes les femmes sont belles ! Ayez confiance en vous et manifestez cette confiance en postant des photos de vous dénudées sur internet. Faites trembler le patriarcat, en lingerie sinon rien ! #bodypositivity


J'entends d'ici les lamentations des extrémistes de la vulve. Mais là où elles voient de la misogynie, nous voyons de l'amusement. Qui sont-elles pour dire que cracher sur le visage d'une femme est dégradant ? Si ça fait bander mon mec, tout va bien. Et si c'est moi qui lui ai demandé de le faire, alors je l'ai bien cherché. La violence conjugale est acceptable tant qu'il y a consentement, ce mot magique qui transforme la misogynie en un acte de féminisme révolutionnaire. Ces prudes voudraient même faire interdire toutes les vidéos pornographiques devant lesquelles mon conjoint se masturbe comme "papa abuse sa fille pendant que maman est pas là", "sac à foutre est puni par des policiers" ou "salope adolescente se fait détruire", alors qu'à chaque éjaculation masculine une femme est libérée de ses chaines ! Se masturber devant des filles en larme est parfaitement normal. Et lorsque mon amoureux m'étrangle en guise de préliminaire, il est plus féministe qu'une Simone De Beauvoir ! Si tu n'aimes pas la violence au lit, es-tu sure d’être épanouie ? Personnellement, je ne peux pas jouir sans.


En dehors d'internet, il est aussi important pour nous d’être présents sur le terrain, d’organiser des manifestations, notamment pour intimider les survivantes de la prostitution qui tenterai de s'exprimer contre cette industrie. Ces sales connes de SWERFs doivent fermer leurs gueules.


Nous devons écouter les concernées.

Mais pas celles là.


En effet, ces idiotes osent parler d'exploitation sexuelle, de viol, de prostitution, alors qu'il s'agit d'un travail comme un autre. Lorsque j'étais caissière de supermarché, je trouvais le temps long et pénible. Je ne vois pas la différence avec une femme alcoolisée qui est giflée et pénétrée par 10 inconnus chaque jour. Il est temps d'arrêter de critiquer la vocation de certaines femmes. C'est aussi ce qu'affirment beaucoup de travailleurs du sexe, en particulier les pornographes et autres proxénètes. Eux, ils savent de quoi ils parlent : on est loin des femmes "victimes" ou "survivantes", on est empouvoiratisé, on a la positive attitude. #àmortlesabolos #touchepasàmapute


L'une des préoccupations principales du féminisme contemporain doit être de permettre aux hommes de pouvoir acheter le consentement des femmes précaires ou, plus précisément, de pouvoir payer pour outrepasser la question. Ainsi, dans un acte de bénévolence intense, les hommes peuvent donner du pouvoir aux femmes en leur jetant des billets (et du sperme) au visage. C'est un travail d'équipe. En fait, j'irai même jusqu'à dire que les véritables exploités de la situation sont les hommes, dont la frustration sexuelle est manipulée par des femmes vénales aux pleins pouvoirs. #maletears


Le saviez-vous ? Je ne suis ni une femme, ni un homme. Je suis demi-non-binaire-trans-nationale.


Il fut un temps, les stéréotypes sexistes étaient considérés comme un instrument central dans l'oppression des femmes. Les dinosaures ménopausées du féminisme continuent de nous bassiner avec ça. Il est temps de se mettre à la page. Le narcissisme moderne nous impose de percevoir les stéréotypes sexistes comme une expression personnelle de son moi profond, observable sur d'obscures scanners du cerveau datant du siècle dernier. Eh oui, aimer le rose est inscrit sur ton cerveau de femme ! C'est mon ami Stéphane, euh pardon, Mélodie qui me l'a dit. Mélodie est née avec un pénis, mais elle a compris dès son plus jeune âge qu'elle était en fait une fille lorsqu'elle a demandé une robe de princesse pour son anniversaire. CQFD. Certains animaux sont eux aussi trans : les escargots sont transfemmequeer et les hippocampes sont demi-genre-fluide-trans-requins. #comingoutstory


L'identité de genre, ce sentiment inné et indéfinissable, peut redéfinir la réalité même. Un pénis devient alors un organe de reproduction féminin et vous n'avez pas besoin de changer de sexe puisque vous êtes ce que vous dites être, point barre. (Ce pouvoir magique n'appartient qu'aux personnes trans). Le pénis de mon amie Mélodie n'est pas du tout le même que celui d'un homme cis. C'est un pénis de femme. Aucune lesbienne ne devrait avoir le droit de refuser Mélodie sur cette base, puisque ce serait prétendre que Mélodie n'est pas une femme, sale transphobe ! Avoir des préférences sexuelles n'est acceptable que si ces préférences consistent à dégrader les femmes. Par exemple, avoir pour fétiche de fouetter des femmes est parfaitement normal. Mais le lesbianisme c'est caca. Quelle genre de perverse ne s'intéresse qu'au sexe de sa partenaire au lieu de s'intéresser à sa personnalité ? Les lesbiennes ! Ces femmes sans cœur refusent de se mettre en couple avec des identités de genre ambulantes, restant focalisées sur le sexe biologique, un mythe. #vivelesbites


Le sexe biologique n'est qu'une construction sociale. Si tu parviens à distinguer un homme d'une femme au premier coup d’œil il va te falloir désapprendre cette habitude transphobe. Car, après tout, l'homme qui t'a murmuré "hmm... charmante" dans la rue et qui maintenant te suit jusque chez toi s'identifie peut-être comme une femme et si c'est le cas ta paranoïa est un signe de transphobie avancée. Peut-être même devrais-tu revenir sur tes pas et lui présenter des excuses pour l'avoir mégenré dans ta tête.


Toute femme qui n'est pas d'accord avec la lumière intellectuelle que je viens de répandre sur le monde est littéralement une nazi. (A défaut de pouvoir la traiter de féminazi sans dévoiler mon jeu, je préfère l'appeler simplement une nazi.) En diffamant les féministes nous justifions la violence envers elle et détournons l'attention des violences masculines. C'est un cercle vertueux. Bonus : ça nous donne des airs d'anti-racistes tout en ne faisant concrètement rien d'anti-raciste. #woke


L'acronyme "TERF" vient des Etats-Unis et là-bas le néo libéralisme est un véritable modèle pour nous. Il est important d'imiter tout ce qui se fait là bas sans réfléchir. Utiliser le terme "TERF" doit être une priorité afin de marquer au fer rouge les sorcières transphobes pour que tes amis les repèrent au plus vite et puissent se protéger des suppôts de Satan. N'oubliez pas, et c'est sans doute le point le plus important ; ces femmes méritent d'être torturées, violées et tuées et il est primordial de passer le plus clair de notre temps à les harceler plutôt qu'à remettre en question le comportement des hommes.


Les personnes gays, lesbiennes et bisexuelles sont maintenant priées d'accepter d'être traitées de "queer". Queer est, encore une fois, un terme anglo-saxon, ce qui le rend très très méga cool, rebelle, moderne et totalement utilisable en France où la plupart des gens ne comprennent pas l'anglais et où l'histoire et le contexte socio culturel du terme sont totalement insignifiants. Le mot veut dire "bizarre", "anormal" et a été jeté à la figure des personnes homosexuelles anglaises pendant des décennies, entre deux coups de poings. Il est important d'utiliser ce terme ainsi que LGBTQQIAAPCUL++ afin de noyer l'homosexualité et la bisexualité dans un amas sans queue ni tête dont la cause sera impossible à défendre. Si une personne homosexuelle refuse d'être traitée de "queer" et dit que c'est un terme offensant, répondez juste "ok boomer", "ta gueule le.a vieu.x.lle" ou "silence queer !". LGBTQQIAAPCUL++ vous avez tous les droits, car sous ce label alphabétique infini se cache le secret de la réussite de tout mouvement néo libéral : envahir un mouvement et le diluer jusqu'à évaporation. Tout ça peut paraître très complexe, très scientifique, j'ai eu mon bac, mais il s'agit en fait d'une simple opération de piratage. #piratesdescaraïbes


Et grâce à notre piratage néo libéral du mouvement féministe nous sommes parvenus à de grandes victoires pour les droits des femmes ces dernières années : les termes "mansplaning" "pas d'utérus, pas d'opinion" "anatomie féminine" "femme" "droits des femmes" "sexe biologique" "bisexuel" "homosexuel" "sexisme" sont des mots à ne plus utiliser car ils nient la variété de nos identités de genre. Nous avons aussi introduit une multitude de termes qui ont drastiquement amélioré la condition des femmes dans le monde entier : "cis" "non binaire" "genderfluid" "kink" "menstruateur" "slut shaming" "terf" "swerf" "travail du sexe" "tou.s.te.s" "putophobie" "empouvoirant" "porno féministe" etc. Je pense que d'ici une dizaine d'année les effets de nos actions se feront grandement ressentir à travers le monde et je m'attends à une réduction des mariages forcés de petites filles de 50%.


Le mansplaining n'existe plus ; les hommes sont devenus des experts de la féminité. Ils sont les meilleures femmes, les plus belles, les plus courageuses, les plus admirables mais aussi les plus oppressées. Nous leur devons les droits des femmes, les droits des queers, les droits des indiens d'Amérique du nord, le mouvement black lives matter, la résurrection de Jésus, la loi de la gravité et la Kpop. Alors ferme ta gueule sale TERF ou on va te brûler vive. #die


Souvenez-vous, y a de cela quelques années, le mouvement féministe encourageait les représentations et célébrations du corps féminin, un corps longtemps considéré comme répugnant et défectueux par rapport à celui des hommes. Les féministes ont donc entrepris de montrer le corps des femmes dans toute sa diversité en normalisant son fonctionnement. Mais ça c'était avant : maintenant arrête de parler de ta sale chatte puante car ça vexe certaines identités. Ton obsession d'utérus et autre sang menstruel est franchement dégueulasse et transphobe. Va brûler, sale nazi. #connasse


Sur la scène du théâtre néo libéral, les apparences comptent plus que les actes. La majorité d'entre nous étant blanche et de classe moyenne, certaines auraient vite fait de pointer du doigt nos privilèges de bourgeois parisiens. Alors lorsqu'une femme te contredit, souviens toi de souligner que ton interlocutrice est blanche et que son féminisme est un féminisme de blanche, même si ça n'a strictement aucun rapport avec la conversation. Une fois ton statut d'anti raciste établi, nul besoin d'argumenter. Contente toi de t'agenouiller pour recevoir l'adoubement sacré et être nommé chevalier de la table queer. Te voilà défenseur auto-proclamé des minorités qui ne t'ont rien demandé. Je pense qu'avec un peu de temps, les indiennes qui protestent la pornographie (swerfs!) ou les coréennes qui protestent le maquillage (terfs!), comprendront que nous autres occidentaux détenons la vérité. #cistears


Les femmes ne sont plus des femmes, ce sont des femmes cisgenre, un privilège. Cela signifie que les femmes ne sont pas vraiment des femmes, elles ont simplement le sentiment d'être des femmes. Être une femme est un sentiment. Le sens-tu ? Si non, tu es peut-être un homme ou l'un des 150 genres que nous venons d'inventer.


Le privilège cis signifie que les femmes sont privilégiées du fait d'être nées de sexe féminin et d'avoir été traitées en tant que telles toute leurs vie. Les milliers de bébés filles enterrées vivantes au Pakistan auraient sûrement autre chose à dire sur le sujet mais elles ne le peuvent pas et puis ce serait vraiment transphobe de leur part.


De l'autre côté de l'échiquier, les hommes sont maintenant les personnes les plus oppressés de la planète parce qu'ils n'ont pas eu le bonheur de recevoir un fer à repassé rose fluo pour noël à l'âge de 5 ans. Et nous savons toustest.s.s.tsx quelle est la réponse appropriée face à l'oppression, n'est-ce pas ? Envoyer des menaces de viol, bien sûr.


En lieu et place du mot "personnalité", la graine "non-binaire" a poussé dans le sol fertile des jeunes cerveaux blancs occidentaux qui s'ennuyaient à mourir. La classe moyenne américaine a utilisé son temps et son argent à bon escient ces dernières années, non pas en aidant des minorités, mais en se questionnant inlassablement sur son moi profond, son essence spirituelle, sa fascinante identité et ses goûts vestimentaires. Les sans-abris attendront, nous avons des pronoms à choisir. La conclusion de toutes ces réflexions existentielles fut sans appel : ne pas porter une robe tous les jours lorsque l'on est une fille et aimer le maquillage lorsque l'on est un garçon te rend spécial. Des catégories nouvelles ont donc été crées ; non binaire, genderqueer, genderfluid, jesuisunique, permettant à toutes les personnes qui ne se retrouvent pas à 100% dans les stéréotypes sexistes (tout le monde) d'être protégées par la loi d'une mort certaine.


Nous avons encore un long chemin à faire et de nombreuses consciences à éveiller.

J'ai bien l'intention de faire ma part du travail et de détruire le patriarcat petit à petit, miette par miette, molécule par molécule, mais traiter les prostituées de putes reste ma priorité.


En toute circonstance, le mot d'ordre doit rester le même : le féminisme c'est pour tout le monde, médite sur ton identité, insulte des féministes et fait exactement ce que les hommes attendent de toi ! La vérité est ailleurs.



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